Un détour au Chez Tante Athalie est une escapade dans le temps et dans l’espace. Cette « table d’hôte » située à trois kilomètres du Jardin de Pamplemousse, plonge ses visiteurs dans l’ambiance d’une autre époque, avec ses rangées de belles cylindrées d’antan, sa petite allée boisée débouchant sur une bâtisse coloniale et sa cuisine qu’elle qualifie tout simplement – et à juste titre – de
« traditionnelle ».
A l’accueil, une « Triumph » de couleur de glace à la vanille et les complaintes mélodieuses de la trompette de Glenn Miller, dans un swing des années d’après-guerre. L’atmosphère est détendue. Conviviale. Au menu, des plats typiques comme le fricassé de poulet ou encore le vindaye d’ourite – de la pieuvre préparée avec les riches épices caractéristiques de la gastronomie du pays.
Certaines recettes sont puisées du carnet de cuisine de Tante Athalie elle-même, retrouvé après la disparition de l’auguste aïeule, habitante du domaine, en 1961. Repas traditionnel, comme l’atteste la soupe de lentilles noires ou autres grains secs, fidèle aux tables mauriciennes. Et typique, avec ses incontournables accompagnateurs tels le chatini coco, le piment macéré et les achards, dont celui de carambole, préparé avec des fruits du jardin.
En effet, les préparations de la maison sont souvent faites avec des produits de la cour même. Ainsi, le pied de bananier qui a fourni la banane, flambée au dessert, est situé dans un coin de ce cadre champêtre et verdoyant. Outre les Wolseley, Vauxhall et autres vieilles voitures aux chromes scintillants – en parfait état de rouler – la collection de cette propriété du XIXème siècle s’étend dans les plantes. Cannelier, jacquier, attier, le quatre épices, le raventsara aux fameuses vertus pharmaceutiques… autant de végétaux qui enrichissent ce jardin tropical et les mets de Chez Tante Athalie.
William Rasoananaivo
Juillet 2007

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21 juin
