L'Histoire de l'île sera pour toujours associée à un prince hollandais et un officier français. Comme un écho, leurs noms ont traversé les siècles et continuent à imprégner le quotidien des mauriciens : Mauritz Van Nassau et Bertrand François Mahé de Labourdonnais.
Maurice. D'où vient ce nom derrière lequel s'identifient une île, une République et, par dérivation, toute une nation ? En 1598, une flotte
hollandaise faisant route vers les Indes est prise dans un cyclone puissant. L'équipage, commandé par l'amiral Cornelisz Van Neck et le vice-amiral Wybrand Van Warwyck débarque à Grand Port sur la côte sud-est de l'île.
Bien que découverte au début du XVIème par les arabes puis abordée par les portugais, elle est restée inhabitée. Les portugais l'ont appelé île Cirné, mais ces derniers l'ont abandonnée sans même y établir une escale au cours de leur traversée de l'Océan indien.
Les hollandais attribuent à l'île le nom de leur prince : Mauritz Van Nassau. Ce prince d'Orange est le fils du fondateur de la République des Pays-Bas. En 1638, les Hollandais s'installent sur l'île. Ils introduisent, entre autres, les cerfs de Java et la canne à sucre. Actuellement, Maurice est le seul endroit au monde où l'on peut pratiquer la chasse aux cerfs de Java, tandis que la canne à sucre demeure un des piliers de l'économie du pays.
Les Hollandais ne resteront pas plus de vingt ans sur l'île. Mais leur influence continue à peser sensiblement sur le quotidien à travers des noms de rue ou de quartier tel Vandermeersch. Longtemps après leur départ, les Français prennent possession de l'île.
La partie sud-est de Port-Louis, la capitale de Maurice est bordée d'une colline dégarnie de toute construction. Une statue de la vierge Marie trône à mi-hauteur. Cet endroit de culte connu comme « Marie Reine de la paix » sert souvent de repère car, grâce à sa situation proéminente, il peut être observé de divers points alentours.
Adjacente à la rue qui longe « Marie Reine de la paix », s'engouffrant au cœur de la capitale : la Rue Labourdonnais. Au long de cette veine, où la circulation est toujours dense, se trouve une tabagie « Labourdonnais ». Plus loin, une plaque sur un site en construction indique « Entreprise Labourdonnais ». Le nom de Labourdonnais se retrouve un peu partout, attribué à des rues, des édifices...
On compte ainsi le « Lycée Labourdonnais » ou encore le prestigieux hôtel « Labourdonnais » qui s'élève fièrement du front de mer, sur les constructions modernes du Caudan waterfront. Autant d'hommages à l'ancien gouverneur de l'Isle de France, qui a jeté les fondations de Port-Louis.
Les Français débarquent sur l'île en 1715 et l'appellent Isle de France. Mais c'est avec l'arrivée de Bertrand François Mahé de Labourdonnais, en 1735 qu'elle connaît un véritable développement. Ce capitaine de la Compagnie des Indes devient gouverneur de l'île. Il aménage le port, construit des routes, développe l'agriculture, bâtit des propriétés dont certaines ont résisté au temps, comme le Château de Mon Plaisir dans le jardin de Pamplemousses...
Sous le gouvernorat de Mahé de Labourdonnais, l'île et Port-Louis en particulier, deviennent des localités d'importance dans la région. En 1814, la France cède l'île à la Grande Bretagne, suite au traité de Paris, après des années de guerre entre les deux pays sur cette contrée lointaine. La nouvelle puissance coloniale la rebaptise Maurice, mais elle permet aux habitants de l'île de préserver leur culture aux fortes influences françaises. Ainsi, la statue de Mahé de Labourdonnais se dresse encore fièrement sur la Place d'armes, à Port-Louis. Le sourire immortel, le regard tourné vers le port, le gouverneur continue de faire planer son ombre sur cette ville qu'il a fondée.

Concerts :
21 septembre
