Sorties d’un autre endroit, d’une autre époque, les mets de Coco des îles invitent au voyage. Voyage culinaire vers les Seychelles où les épices sont omniprésents sans jamais être agressifs, et où l’ultime condiment s’appelle le temps.
Modeste, le Coco des îles est un de ces restaurants dont on apprend l’existence de bouche à oreille. Cela fait pourtant sept ans que l’établissement a ouvert ses portes, sur l`Avenue de l`Indépendance, dans le paisible quartier de Roches Brunes – Rose Hill. Une adresse connue des férus de cuisine seychelloise.
« C’est une cuisine traditionnelle » commente Mme Delord, propriétaire des lieux. « Une cuisine lente » renchérit son mari. « La préparation se fait à la façon des Seychellois : lentement, en prenant son temps. Mais les Seychellois ont le temps ».
Ainsi, au-delà du menu, le service est le reflet de toute une manière de vivre. « Aux Seychelles, on prend le temps de bien choisir les ingrédients. S’il le faut, on part à la cueillette pour les trouver. On ne se presse pas dans la préparation. Nos cuisinières, qui sont des Seychelloises, travaillent selon ce rythme » poursuivent les Delord.
Ce n’est seulement pas le personnel qui est des Seychelles. Beaucoup de produits utilisés dans la cuisine proviennent de l’archipel, situé à 1 750 km au nord de Maurice.
« On utilise des ingrédients des Seychelles pour préserver l’authenticité des saveurs.».
La distance et la culture ont établi les différences entre la cuisine créole seychelloise et mauricienne. Le lait de coco est quasi présent chez la première. Il dilue le safran, quand ce dernier est présent. Le plat arbore une teinte jaune claire, contrairement au ton vif des plats mauriciens.
D’autres épices comme le poivre, la cannelle, le girofle, la muscade sont tout aussi sollicités. Ils sont toujours moulus et préparés d’une façon artisanale, traditionnelle. Ils épanchent leurs saveurs discrètement tout en conférant leurs parfums aux plats.
Poissons ou fruits de mer, accompagnés de riz, constituent le plat de résistance. Le poisson bourgeois s’affiche comme morceau de choix. Il est servi, entre autres façons, grillé, assaisonné d’épices et recouvert de « bilimbi », un fruit acide semblable au cornichon. Un plat classique.
Poulets et bœufs figurent également au menu. Du bœuf mijoté avec des légumes, servi dans un chaudron miniature, pour le plaisir des yeux. L’exotisme atteint son paroxysme avec les noix de cocos de mer, fruit emblématique des Seychelles, transformés en récipients pour servir le riz.
Les plats sont toujours accompagnés d’un éventail de chutneys, d’aubergine, de papaye vert, de mangue ou de citrouille, et d’un bol de lentilles.
En dessert, l’idée d’une patate douce laisse perplexe. Mais la fine tranche, encore brulante servie avec de la glace est un délice qui a surpris plus d’un. Une des rares touches contemporaines.
Le koko d’amour, une liqueur à base de lait de coco, ou le baka, un punch arrangé avec de la canne macérée caractérisent le cocktail.
Avec ses 75 couverts et ses deux services quotidiens – midi et soir (18h30 à 22h) – le Coco des îles est ouvert tous les jours de la semaine. Le vendredi et le samedi, le resto enrichit ses soirées par des animations musicales, aux allures de mini-cabaret.
Texte et photos : William Rasoanaivo
Janvier 2008
InformationsRestaurant Coco des îles |

Concerts :
31 mai
