Touristes ou locaux, en famille ou en groupe d’amis, des gens de tous âges se donnent régulièrement rendez-vous avec le soleil couchant sur la plage de La Preneuse. Un attroupement jovial et un cadre historique constituent le folklore de l’endroit.
Comme tous les dimanches après-midi, La Preneuse est bruyante. Cette plage située sur la côte sud-ouest de l’île, dans les environs de Tamarin attire du monde.
Des jeunes munis de bidons en plastique servant de tam-tams et de « ravanes » - des tambours traditionnels - ont investi le chalet bâti en retrait du rivage. Infatigables, les musiciens enchaînent les « ségas », cette musique typique du pays. Leurs chants égayent l’ambiance déjà joyeuse qui règne sur la plage.
Juste au dessus d’eux, deux canons pointés vers la mer témoignent du passé militaire du lieu. Jadis, ces deux armes empêchaient les navires « ennemis » de s’approcher des côtes. En fait, le véritable point de défense et de pilonnage se trouve à l’arrière de la rive.
Il s’agit d’une tourelle circulaire en pierre.
La tour Marthello. Haute d’une vingtaine de mètres, on peut y observer la mer sans être vu par les éventuels navires à l’approche. Ceci, grâce à un monticule artificiel construit entre la tour et la plage. Actuellement, l’édifice sert de musée où ces histoires sont racontées en détail.
Mais la vie, paisible, continue sur la plage de La Preneuse. Les membres d’une famille s’installent confortablement sur des sièges en plastique, autour d’une table qu’ils ont déployée. L’heure est au pique-nique. Ici et là, les barbecues lâchent des filets de fumées blanches et une odeur appétissante de grillades.
D’autres préfèrent s’établir plus proche des vagues. Ces dernières ne sont jamais fortes car elles sont freinées au large, par une barrière corallienne. Toutefois, le courant marin est fort par ici. Ainsi, la baignade est dangereuse comme l’avertit un panneau érigé au milieu de la plage. Ce qui ne suffit pas pour dissuader les téméraires.
Enfants comme adultes continuent à barboter dans la mer sans s’éloigner du rivage. Ils semblent être surveillés de près par tous ces gens assis face à l’océan. En fait, ce joli monde tourné vers le large se prépare à assister au coucher du soleil. Les chasseurs d’images ont déjà fixé leurs trépieds et armés leurs appareils photos pour piéger l’instant magique dans leurs boîtes noires.
Car au crépuscule, ce que l’astre de midi a à offrir n’est rien moins que spectaculaire. Tout va plutôt vite. Le disque solaire est maintenant de couleur or, supportable au regard. Dans sa descente vers l’horizon, il traverse une légère voile nuageuse. Une moitié de l’astre vire au rouge avant de s’engloutir dans l’étendue marine.
Clic! Le cliché parfait que l’on retrouvera sur les cartes postales. Il n’est pas rare qu’un esquif de pêche sillonne l’horizon et encastre sa silhouette dans ce couchant nostalgique. Image de rêve.
Tandis que la lumière naturelle s’affaiblit, des lampadaires s’allument pour éclairer le lieu. Mais petit à petit, la plage se vide de ses joyeux occupants. Le son des « ravanes » se perd dans l’air. La Preneuse plonge alors dans une sérénité bercée par le cliquetis des vagues qui continuent à rouler sur le sable.
Texte et photos : William Rasoanaivo
Janvier 2008

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09 aout
