Les musulmans représentent 20 % de la population mauricienne. Tous ou presque observent le jeûne du ramadan en ce moment. Au coucher du soleil, les hommes se rendent à la mosquée pour rompre le jeûne. Dans les moquées comme à l’extérieur, il règne une grande solidarité et ferveur.
Direction la Jummah Mosquée de Port Louis. Il est 17 h 30 et bon nombre de fidèles se sont amassés devant l’entrée de la mosquée. Un édifice d’architecture moghol et arabe, construit en 1852, qui est la principale mosquée de l’île. Vêtus d’une longue robe blanche, appelée « kurta », ces habitants de la capitale discutent pour tuer le temps. « C’est plus agréable de venir rompre le jeûne ici, explique Azaad, on peut rencontrer ses amis.» Ce Mauricien de 53 ans jeûne pour le ramadan de puis l’âge de 8 ans.
À l’intérieur de la mosquée, un grand calendrier islamique rappelle qu’on est le lundi 19 du mois du ramadan de l’an 1428. Aujourd’hui l’heure de l’Iftaar, qui signifie rompre le jeûne, est fixée à 18 h 10. Au milieu, il y a un grand bassin jalonné de robinets. Les fidèles se lavent les mains, les pieds, le visage… bref, il faut être propre avant le Mahgrib, quatrième prière de la journée.
Le sol est couvert de nattes bleu et blanc. Dans une petite kitchenette, des hommes coupent les fruits en quartier. En même temps, deux volontaires distribuent des assiettes, puis y mettent l’incontournable datte, bananes, pommes, raisins et beignets. Chaque fidèle a droit à son gobelet rempli d’Alouda. Du lait onctueux aromatisé à l’amande. « Il ne s’agit pas d’offrir le repas, mais c’est tout simplement un moyen pour rompre le jeûne avant la prière », précise Reead, un des employés de la mosquée.
Dehors, c’est comme un petit marché. Les commerçants font de bonnes affaires à cette heure-ci. Les passants achètent les naans, pain rond doré garni de sésame et de cumin. Les Akhtars, parfum à base d’arôme naturel, très prisés du Prophète Mahomet, dégagent une odeur agréable. Les échoppes sont garnies de bonnets, de médaillons et de portraits portant l’effigie de La Mecque. Les Cds et cassettes de naats, poésie en honneur au Prophète, sont bien exposés.
18 h 05, tous les fidèles entrent et s’installent entres amis ou familles. Trois personnes autour d’une assiette. Les groupes se composent en fonction des affinités développées au fils des années. Quelques marins taïwanais et indonésiens prennent place également. Ces visiteurs travaillent sur des bateaux qui sont stationnés sur le port. Soudain, silence radio… c’est le début de l’Iftaar. Quelques minutes de prières, puis une étourdissante sirène annonce la fin du jeûne.
Les dévots avalent les premières miettes de la journée. L’ambiance est très détendue et cordiale. Certains ont même apporté leur dîner préparé à la maison. Ils vont les partager entre proches, mais également avec ceux qu’ils ne connaissent pas. Dehors, les commerçants ont déserté leurs échoppes pour venir prier. Mais une fois la prière terminée, les affaires reprendront de plus belle.
Texte et photos : Raviraj Sinha Beechook
Le ramadanLe jeûne du ramadan est le troisième pilier de l’Islam. C’est un mois particulier pour les musulmans dans le monde. Du lever au coucher du soleil pendant 30 jours, les musulmans s'abstiennent intégralement de manger, de boire, de fumer et d'avoir des relations sexuelles. Le nom Ramadan vient du mot arabe ramida, ou ar-ramad, qui signifie une chaleur et une sécheresse intenses, brûlantes, concernant particulièrement le sol. Alors qu'en temps ordinaire les musulmans sont encouragés à observer un jeûne volontaire, pendant le ramadan le jeûne devient obligatoire. Le ramadan est le neuvième mois du calendrier lunaire islamique. On sert un repas (sehri) avant l'aube, de préférence le plus tard possible, et un autre après le coucher du soleil (iftaar), à la rupture du jeûne. La prière a lieu quelques minutes après le coucher du soleil. Les trois jours après le mois de Ramadan sont des jours de fête, appelés l'Eid-ul-Fitr, la fête de la fin du jeûne. |

Sport :
11 octobre
