Découverte par les Portugais en 1507, puis occupée par les Hollandais de 1598 à 1710, Maurice devint la possession de la Compagnie des Indes en 1715, et du roi de France en 1767, qui l’a baptisée Île de France. Conquise en 1810 par les Anglais, et après s’être fait reconnaitre par le traité de Paris en 1814, les Anglais laissèrent aux colons français l’usage de leur langue et du code civil.
Beaucoup de colons sont restés, constituant le groupe Franco-Mauriciens, grands propriétaires fonciers et hommes d’affaires.
La culture de la canne à sucre se développe d’abord avec les esclaves africains et malgaches. Puis après l’abolition de l’esclavage en 1835, les grands exploitants ont recours à une abondante main d’œuvre indienne sous-contrat, dont une grande partie s’est installée sur l’île.
L’île resta colonie britannique jusqu’à son accession à l’indépendance, le 12 mars 1968, sous la présidence du Dr Seewoosagur Ramgoolam.
Les premiers Hollandais débarquèrent en 1516 sur l’île, mais ne purent vraiment la coloniser, car les esclaves amenés d’Afrique se sont enfuis dans les montagnes dès leur arrivée. Ce furent, les premiers esclaves marron de Maurice.
Dans le but de rentabiliser leur nouvel établissement à l’île Maurice, les Hollandais développèrent en 1641, le commerce d’esclaves en provenance de Madagascar. Malgré cela, peu d’esclaves malgaches furent conduits vers Maurice durant l’occupation hollandaise. Puis en 1598, une escadrille hollandaise sous les ordres de l’amiral Wybrand Van Warwick, aborda l’île, qui fut nommé Mauritius en l’honneur du prince Mauritius Van Nassau de Hollande.
Au lieu d’agrandir leur colonie, les Hollandais se contentèrent de piller la faune (d’où l’extinction du dodo) et la flore causant la disparition du bois d’ébène. Par contre, ils introduisirent la canne à sucre, et importèrent les cerfs de java. Il quittèrent l’île avec leur esclaves en 1710 suite à des graves sècheresses et les ravages causes par les cyclones.
Après l’abandon des Hollandais, l’île Maurice devint une possession française en 1715, quand Guillaume Dufresne d’Arsel l’accosta et la nomma « Île de France ». Les premiers colons arrivèrent en 1721, moment où l’île était administrée par la Compagnie des Indes orientales (1722 à 1767).
Cette Compagnie créée par Louis XIV et Colbert avait pour but de concurrencer les autres pays européens. En vue d’attirer des capitaux, ils lui avaient accordé un monopole commercial dans l’Océan Indien pendant 50 ans.
Quelques centaines d’esclaves en provenance du Sénégal et de la Guinée arrivèrent sur l’île de France dès le début de la colonisation, surtout entre 1721 et 1735. La pratique d’esclavage en France est officialisée depuis le 28 aout 1670 à la demande du ministre Colbert, le conseil d’état du royaume. Aux Antilles, l’esclavage avait vite assuré la prospérité économique de ces régions.
Le fameux code noir était proclamé en mars 1685, une ordonnance de Louis XIV destinée à aménager et à adoucir le régime de l’esclavage, et précisant les devoirs des maitres et les esclaves. Le code noir, qui resta en vigueur dans toutes les Antilles et en Guyane française, fut rarement respecté par les exploitants.
Le célèbre code noir, fut en 1723 adapté à l’usage des Mascareignes et les lettres patentes de Louis XIV en forme d’édit, furent enregistrées à l’île Bourbon ( La Réunion) dans la ville de Saint-Paul, le 18 septembre 1724 par le conseiller suprême de Bourbon , ce qui favorisa, dès 1725, l’arrivée des milliers d’esclaves venant en majorité de Madagascar et de l’Afrique orientale pour y cultiver le café et les plantes à épices. Cette main-d’œuvre paraissait nécessaire, pour permettre à la compagnie des indes de poursuivre l’expansion économique de l’Océan Indien.
C’est en 1735, avec l’arrivée de son plus célèbre gouverneur Bertrand-François Mahé de la Bourdonnais, que l’île de France (Maurice) commença son véritable développement. Nommé par la Compagnie des Indes Orientales, il dirigea la colonie de 1735 à 1745.
Mahé de la Bourdonnais fit prospérer l’île de France avec la fondation de plusieurs villes dont Port-Louis, chef-lieu des établissements français de toute la région, la construction d’édifices, d’entrepôts et des casernes militaires. Il accorda l’exploitation des forêts pour le bois d’œuvre et de chantier naval, l’introduction de la canne à sucre, ainsi que la plantation du café, du poivre et de l’indigo.
Grâce à Pierre Poivre, le « commissaire ordonnateur » et intendant général de l’île de France et de Bourbon, l’archipel des
Mascareignes devint une colonie prospère, élaborée, et souhaitée par les britanniques. En 1768, Pierre Poivre introduit l’imprimerie et ce botaniste et membre de plusieurs académies de sciences, a adapté dans les îles de l’archipel, une quantité d’épices (le poivre, le girofle, la muscade, la cannelle, etc...). Il a également encouragé la culture des arbres fruitiers et fut même l’auteur des premières lois sur la protection de la Nature. C’est à lui que les Mauriciens doivent le célèbre « Jardin de Pamplemousses » qui abrite des nénuphars géants, plus d’une soixantaine de palmiers et bien d’autres espèces végétales.
Pierre Poivre assainit le climat moral et social des Mascareignes en corrigeant le sort des esclaves dans tout l’archipel. La population grandit à l’île de France et l’apparition du Créole Mauricien se situe d’après les historiens entre 1721 et 1769, ce qui expliquerait que le créole mauricien d’aujourd’hui contient encore des mots d’origine sénégalaise descendant de la langue Wolof. Ce créole englobe en outre des grandes quantités des mots malgaches et comoriens car un grand nombre d’esclaves furent aussi déportés de Madagascar et des Comores.
Le 27 juillet 1793, la Convention de Paris proclama l’interdiction de la traite des esclaves et, quelques mois plus tard, le 4 février 1794, celle de l’esclavage. « L’abolition immédiate » a été prescrit, mais ne prévoyait aucune disposition sur la compensation des propriétaires ni sur l’avenir des « populations libérées ».L’assemblée coloniale de l’île de France se prononça contre ce décret et exigea à la convention sa suppression pure et simple. Les colons de l’île de France et ceux de Bourbon n’obtinrent alors qu’une suspension et décidèrent de ne pas accorder le décret d’abolition.
Le premier consul de la République, Napoléon Bonaparte, rétablit partiellement l’esclavage le 20 mai 1802, les intérêts économiques avaient eu raison des idéaux révolutionnaires de liberté et de l’égalité. Ces colons de l’archipel des Mascareignes, qui n’avaient appliqués le décret de la convention nationale, furent évidement apaisés. Toutes les reformes de la Révolution furent également supprimés, y compris la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyens » adoptée en 1789 par l’assemblée nationale.
En 1803, envoyé par Napoléon, le Général Decaen débarqua aux Mascareignes pour commander le nouveau le régime politique. La colonie fut aussitôt prise en main par les administrateurs nommés par Napoléon, qui dirigèrent les affaires de l’île Bourbon (devenue entre-temps l’île Bonaparte) à partir de l’île de France.
Mais les rivalités franco-britanniques, déjà virulentes aux Antilles, se propagèrent dans l’Océan Indien. Elles risquaient de nuire considérablement au commerce anglais, donc il était temps pour les Britanniques de mettre fin à l’hégémonie française dans cette partie de l’Océan Indien.
Vers 1809, les troupes britanniques commencèrent par contrôler l’île Rodrigues. De ce fait, les Anglais avaient rassemblé leurs 10.000 soldats avant de prendre l’assaut l’île de France (Maurice) et l’île Bonaparte (la Réunion) en 1810. La population s’élevait à 73 000 habitants et était constituée à 80% d’esclaves originaires du Mozambique est de Madagascar.
Les Français perdirent définitivement l’archipel des Seychelles et l’archipel des Mascareignes à l’exclusion de la seule île Bonaparte, rebaptisée Isle Of Bourbon par les Britanniques, et qui fut restituée à la France. Malgré cela, ce n’est seulement après deux générations que la langue véhiculée issue des esclaves africains ou malgaches et du français est devenue la langue des descendants d’esclaves : le créole mauricien.

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21 juin
