Bien plus qu’une simple visite, le musée de l’Immigration chinoise propose aux visiteurs une plongée dans l’île Maurice des années 1840 à nos jours. Ce lieu de mémoire, situé à la rue Rémy Ollier, à Port-Louis, a ouvert ses portes au début du mois de février 2008. Cette vieille bâtisse, aux pierres apparentes, permet de se rendre compte du quotidien des premiers immigrants chinois qui avaient choisi de s’établir à l’île Maurice il y a plus d’un siècle.
Vestiges d’un passé encore trop méconnu, ce musée est l’occasion de se remémorer le cheminement de tout un peuple qui a laissé derrière lui son pays et sa culture pour recommencer une nouvelle vie. Accrochés aux murs, l’on peut revoir des clichés montrant les visages des premiers immigrants avec, en dessous, leur matricule et leur nom écrits de manière approximative. Ces visages, fatigués, témoignent aujourd’hui encore du long et pénible voyage que ces hommes et ces femmes ont dû faire pour atteindre les côtes de l’île Maurice.
Au fil des ans, les immigrants chinois se sont installés principalement en périphérie de la capitale dans une région aujourd’hui appelée China Town. Il est d’ailleurs possible de voir une représentation miniature du quartier chinois des années 1840, le construit le plus fidèlement possible.
Dans un coin du musée a été reconstitué un commerce typique – aussi appelé tabagie – géré par les premiers immigrants chinois. On peut y voir de vieilles balances, utilisées pour la vente de produits au poids ainsi que d’autres objets plus traditionnels faisant partie du quotidien de cette population qui a grandement contribué à l’essort économique du pays.
Au pied d’une table, on est happé par les senteurs exotiques que dégagent des sacs d’épices, que commercialisaient à prix d’or les boutiquiers chinois, alors que l’île était encore une colonie. On décèle dans l’air, le parfum enivrant de la cannelle qui se mélange à celui des piments rouges. D’autres épices, plus ou moins connues, sont également exposées.
Des objets utilisés quotidiennement – dominos chinois, calendriers, paniers en osier – témoignent également du mode de vie des ces habitants connus aussi bien pour leur sens aigu des affaires que pour leur gentillesse.
Le musée de l’Immigration chinoise accorde par ailleurs une importance particulière à l’histoire de la presse. Car bien qu’éloignés de leur terre natale, la communauté parvenait à se tenir au courant des nouvelles du pays grâce à un journal local en langue chinoise. L’impression du journal était réalisée grâce à des pièces en bois sur lesquelles était gravée chaque lettre. Une tâche laborieuse lorsqu’il s’agissait de réaliser des pages entières.
Bien qu’elle se soit modernisée au fil des années, le journal en langue chinoise existe encore aujourd’hui. Dans les nombreux exemplaires exposés au musée, on peut revivre, au fil des numéros, l’évolution de la communauté chinoise à Maurice ainsi que les événements qui l’ont marquée année après année.
Le musée de l’Immigration chinoise est au final le passage obligé pour qui veut comprendre la participation de la communauté chinoise dans l’édification de l’île Maurice que l’on connaît aujourd’hui.

Concerts :
24 octobre
